J’ai du mal à prévoir quel pourcentage de personnes qui lisent ces lignes ne connaissent pas Béa Johnson ni son blog (en français et anglais), Zero Waste Home. Béa, c’est un peu le Big Bang, l’origine du tout, la prêtresse du mouvement international Zero Waste (Zéro Déchet, en VF). Il faut dire que le début de son parcours remonte à 2006, lorsqu’elle propose à son mari d’engager une réduction drastique des déchets produits par sa famille. Bilan : Béa, Scott et leurs deux fils sont une famille américaine exemplaire qui ne produit qu’un bocal de déchets non recyclables ni compostables par an. De quoi faire des émules, écrire un livre, publier une application qui répertorie les magasins de vrac, et passer des semaines en tournée à travers le monde pour prêcher la bonne parole du zéro déchet.

Tête à tête avec Béa Johnson

Pourquoi il faut aller voir Béa en conférence

Béa vit depuis ses 18 ans aux Etats-Unis mais elle est originaire du sud de la France. J’ai assisté à sa conférence organisée par le Covaldem 11 dans une grande salle pleine (230 personnes !) du Cap’Cinéma de Carcassonne (trouvez une conférence pour mai-juin 2016 sur son site). J’avais à peu près regardé toutes les vidéos et lu tous les articles sur elle, pourtant, la voir et l’entendre m’ont fait du bien. Récit de cette rencontre fortement inspirante.

La fatigue? Quelle fatigue? Quelques heures après son atterrissage en France, Béa Johnson commence sa conférence avec un immense sourire aux lèvres et une pêche d’enfer. La première photo projetée est celle des hommes de sa vie : Scott, Léo, Max et Zizou, un chien aussi zéro déchet que ses maîtres! Ils ont commencé à réduire leurs déchets en 2006, quand la famille emménage un an dans un appartement, le temps de trouver une nouvelle maison. Dans cet appart’, ils n’utilisent que le nécessaire à leur vie quotidienne et laissent le superflu dormir dans un garde-meubles. Le fait est que ce superflu -comme son nom l’indique certainement- ne leur a pas manqué DU TOUT. L’emménagement dans la nouvelle maison se fera donc sans.

« On s’est désencombré. Nous avons adopté un nouveau mode de vie : la simplicité volontaire. »

Béa et Scott veulent aller plus loin que ce simple désencombrement. Quand Béa entend parler de « zéro déchet », ça fait tilt! Pour remplir leur nouvel objectif, le couple se documente et Béa commence à expérimenter: shampoing au bicarbonate, gloss repulpeur de lèvres aux orties, papier toilette à la mousse naturelle (celle que l’on trouve dans les bois)… Ces échecs très amusants laissent un jour place à une solide connaissance du fait-maison et à quelques recettes que la Française a publiées dans un livre traduit dans 11 langues, Zero Waste Home.

« On s’est rendus compte que pour vivre zéro déchet sur du long terme, il fallait respecter 5 règles : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter, dans cet ordre. Car le but n’est pas de recycler et composter plus qu’avant mais de réduire tous types de déchets. »

Leur intérieur est blanc sur blanc, sans décoration aux murs, sans ustensile de cuisine en double. Chaque objet est unique et ne sera remplacé que le jour où il sera cassé et inutilisable. Pour la garde-robe, c’est pareil. Ils ont tous le minimum de vêtements nécessaires et les utilisent à 100% tandis que nous n’utilisons généralement que 20% de notre garde-robe, gardant le reste précieusement « au cas où ». Avec 15 vêtements sobres et modulables, Béa peut réaliser 51 tenues différentes. Elle a d’ailleurs prévu de faire toutes les conférences de cette tournée avec la même robe noire, chaque fois portée d’une nouvelle façon.

« Que ce soit moi, Scott ou les garçons, on peut tous faire entrer notre garde-robe dans un bagage-cabine. »

Pour ceux que le zéro déchet pourrait effrayer d’un point de vue financier, Béa Johnson affirme que son foyer fait 40% d’économies. Quand ils partent en vacances, ils louent leur maison. Quand elle fait du shopping, c’est toujours d’occasion. Quand elle achète neuf, elle choisit une marque qui promet une garantie à vie inconditionnelle. Finalement, le zéro déchet a été pour les Johnson un moyen de vivre PLUS, de partager plus de moments ensemble.

« Une vie zéro déchet, c’est choisir d’être plutôt qu’avoir. »

Retrouvez Béa Johnson sur son blog, et les réseaux sociaux. Vous pouvez aussi télécharger son application « Bulk » (« vrac », en français) qui permet à tout le monde de répertorier des boutiques et magasins où acheter en vrac, partout dans le monde. Enfin, Béa partage absolument toutes ses astuces et recettes pour une vie sans déchet dans son livre « Zéro Déchet ».

Que pensez-vous de ce mode de vie minimaliste poussé à l’extrême?
Est-ce qu’il vous inspire?

Est-ce que vous vous sentez prêt?


Lucie Paimblanc

Blogueuse engagée et gourmande. Journaliste touche-à-tout. Auteure de ce blog bienveillant qui t'aide à devenir écolo et réduire tes déchets sans douleur.

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