Un jeune Toulousain s’est lancé dans l’aquaponie et en a fait son entreprise, CitizenFarm. Pendant un an, il va démontrer qu’il est possible de faire pousser des légumes et des fruits dans une grande ville. Avec la spiruline fraîche produite par Alg & You (une autre entreprise toulousaine), les récoltes de sa ferme aquaponique urbaine devraient fournir suffisamment de nutriments pour nourrir une famille de quatre personnes. Cette ferme nouvelle génération se visite les mercredis et samedis sur rendez-vous. Son créateur, Pierre Osswald, espère ainsi apporter de nouvelles connaissances de la nature aux Toulousains et leur insuffler l’envie de la protéger.

L’aquaponie, qu’est-ce que c’est?

Prenez aqua, l’eau, et -ponie, le cheval. Je déconne: -ponie vient du grec ponos qui signifie « travail », « effort ».
Concrètement, l’aquaponie est un système de culture dans lequel la plante tire les nutriments qui la font grandir des déchets rejetés dans l’eau par les poissons.

Poissons —-> Excréments = nutriments pour plantes —-> Plantes bien nourries, en bonne santé
—-> Fruits et légumes riches en nutriments et pleins de goût —-> Humains satisfaits et heureux ッ

Les racines des plantes ne sont pas dans la terre mais dans de eau en circuit fermé. Les déjections des poissons (principalement constituées d’azote, de phosphore et de potassium) deviennent la nourriture des plantes. C’est le même cercle vertueux que celui de nos déchets alimentaires qui, dans le composteur, deviennent l’humus qui enrichira nos plantes en nutriments. En aquaponie, les plantes filtrent aussi l’eau qui repart, propre, dans le bac à poissons. En plus de cela, pas besoin de traitement chimique, c’est donc tout bio et tout local. #SoZeroWaste, baby!

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L’aquaponie par CitizenFarm

CitizenFarm est une jeune entreprise française fondée en 2014 à Toulouse par Pierre Osswald qui commercialise des petits systèmes aquaponiques dans lesquels on peut faire pousser des herbes fraîches ou des plantes décoratives. Comme c’est tout nouveau, il a inventé un nom à sa trouvaille: l’Ozarium.

Il faut savoir que Pierre est un enfant de la campagne, il a grandi dans la ferme de son grand-père, entre le Tarn et l’Aveyron. En 2011, ses études de commerce l’incitent à étudier un an en Chine. « J’avais envie de m’immerger à Shanghai, d’oublier mes repères de Français pour vivre comme un Chinois », me confie Pierre. « Mais par moments, j’avais la nostalgie de mon enfance à la campagne. J’ai fini par demander à ma mère de m’envoyer des graines de légumes, que j’ai plantées. Mais rien n’a poussé. Je suis allé sur internet pour tenter de comprendre pourquoi et essayer de trouver une autre solution pour faire pousser des tomates sur mon balcon. C’est là que j’ai atterri sur le site web d’une ferme aquaponique canadienne. J’ai trouvé l’idée super! Je me suis acheté un aquarium, j’ai bricolé, et j’ai monté mon premier système aquaponique! ».

« Je veux faire aimer la nature aux gens pour qu’ils aient envie, eux aussi, de la protéger. »

Rentré en France, Pierre’Osswaldzarium a la fougueuse envie de créer son entreprise d’aquaponie. « L’aquaponie peut facilement représenter la nature: le monde animal et le monde végétal dépendants l’un de l’autre et qui forment un tout. » Il parle de son projet à un ami enseignant qui lui prête ses élèves comme « cobayes ». Une première expérience concluante qui le laisse penser « que les écoles pourraient être ses clients », se souvient Pierre. Finalement, ses Ozariums sont développés pour le grand publics et les premiers sont livrés en décembre 2014. Depuis, Pierre planche sur de nouveaux projets aquaponiques -en témoigne la ferme urbaine installée à Toulouse.

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{Photo de l’Ozarium : CitizenFarm}

L’aquaponie, quelles contraintes à la maison?

Tout ceci étant dit, l’idée de l’Ozarium me séduit bien, mais je me demande quelles peuvent être les contraintes cachées… J’ai posé mes questions à Pierre Osswald:

– Peut-on installer son Ozarium où on veut?
Trouver le bon emplacement est sûrement la contrainte la plus importante car les plantes ont besoin de lumière et les poissons, de pas trop de lumière (on peut coller une feuille au fond de l’aquarium pour cacher la lumière). Vous pouvez sinon opter pour l’aquarium éclairé par des LED relié à votre smartphone ou tablette pour notamment régler l’éclairage.

– Faut-il faire « garder » son aquarium quand on s’absente?
Il ne faut pas couper le compteur d’électricité mais vous n’avez pas besoin de faire venir quelqu’un pour s’occuper de l’Ozarium car l’eau est filtrée par les plantes, donc elle reste propre. Et il existe des pastilles pour nourrir les poissons jusqu’à un mois.

– Est-ce qu’un Ozarium consomme beaucoup d’électricité?
La consommation est de 4€ par an (!!!, ndlr). 

– En quelle matière est fabriqué l’Ozarium?
L’Ozarium est en plastique. Un plastique recyclable, aux normes alimentaires sans bisphénol ni phtalate pour qu’il n’y ait aucun risque pour l’écosystème qu’il héberge.

– Quel type de poisson faut-il avoir?
On peut choisir tout type de poisson, il faut juste faire attention au volume d’eau (l’Ozarium fait un peu moins de 10 litres). Par exemple, un poisson qui grandit comme le poisson rouge n’est pas adapté à cet aquarium, le poisson betta splendens (ou combattant) est plus adapté car il vit très bien dans des petits volumes d’eau de moins de 15 litres. 

Connaissiez-vous l’aquaponie?
L’idée de faire pousser des plantes comestibles chez vous, en aquaponie, vous séduit-elle ?