C’est une liste, bien entendu non-exhaustive, de lieux représentants la tendance Zero Waste à New York que je vous propose. Dans son ensemble, la ville n’est pas un exemple de zéro-déchet (pour cela, il faut plutôt faire cap sur San Francisco). A New York, le « disposable plastic package » fait encore loi. Allez au café : même sur place, la boisson froide vous est servie dans un verre en plastique. Plus étrange encore, les couverts en plastique au restaurant. J’ai par exemple adoré manger les plats de Xi’an Famous Foods, sauf qu’on n’a pas le choix, il faut manger dans des bols et des assiettes en plastique. Probablement une question d’argent : moins de temps passé à laver la vaisselle pour les employés, cela fait des économies salariales pour l’employeur.

Oui, mais. On a quitté New York par un jour de forte pluie, les caniveaux étaient pleins de ces emballages à courte durée d’utilisation. Ils se sont retrouvés par terre et, drainés par les eaux de pluie, ces bouts de plastique, de verre et de carton prennent la direction de l’océan. S’en suit un Septième continent, et c’est justement ce que je vois en regardant ces déchets dans ce caniveau, c’est ce qui me met un poids dans le ventre, une boule dans la gorge.

Est-ce cette ambiance capitaliste exacerbée qui m’a déplue? Cette incitation à la consommation de masse pour se sentir exister? Achète, mange, jette. Recommence, ne réfléchis pas. Non ! On peut vivre autrement qu’en surconsommant.

A présent, cela ne devrait pas vous surprendre si je vous dis que je n’ai pas eu de coup de coeur pour New York. J’ai même eu du mal à prendre du plaisir à y être les quatre premiers jours. La bourse de Wall Street, les hautes tours bétonnées, le bruit incessant, l’absence de verdure mais l’accumulation surréaliste de déchets à tous les coins de rues… tout cela a terni mon moral. Heureusement, nous avons fait des rencontres qui m’ont redonné le sourire, et voici donc que j’ai quelques bonheurs à partager avec vous. Des lieux dont la démarche s’inscrit dans une vision durable de la consommation.

▃ Think outside the box 

Pense différemment de la masse, c’est le slogan du Package Free Shop.

━ Package Free Shop – boutique

Cette boutique deviendra-t-elle un lieu de pèlerinage pour nous autres amoureux de la cause zéro-déchet? La semaine qui a suivi mon passage au Package Free (sans relation de cause à effet), ce sont Victoria de Mango & Salt et Johanna de la boutique Ô Bocal qui y sont également allées, autant dire un raz-de-marée de Frenchies ! J’y ai mis les pieds pour découvrir cette boutique qui n’a pas d’équivalent en France et rencontrer une femme que j’admire : Lauren Singer, co-fondatrice du lieu avec le styliste engagé Daniel Silverstein. Il est à la tête de sa marque Zero Waste Daniel dont les tenues sont réalisées à Brooklyn à partir de vêtements récupérés à la décharge. Lauren a fondé pour sa part The Simply Co., une petite entreprise de production et vente de lessive en poudre, respectueuse de l’environnement. Elle est aussi un des meilleurs exemples sur Terre du mode de vie zéro-déchet qu’elle diffuse au travers de son blog, de sa chaîne YouTube et de son compte Instagram. C’est elle qui m’a donné la fibre du zéro-déchet (j’en parle dans cet article).

Le Package Free Shop commercialise beaucoup d’ustensiles nécessaires à un mode de vie zéro-déchet, de la cuisine à la salle-de-bain. Les entreprises qui y vendent leurs produits sont elles-mêmes très impliquées dans le durable et on y trouve quelques pépites -pas toujours données. Je vous renvoie à cet article où je présente ce que j’ai acheté là-bas. Régulièrement, le temps d’une soirée, la boutique accueille un événement engagé tel que le lancement du magazine The Regenaration auquel j’ai assisté. C’était d’ailleurs l’occasion de découvrir Toast, une délicieuse bière de soif faite à partir de restes de pain.

↳ 137 Grand street Brooklyn, NY 

Marlow and Sons – restaurant & diner

C’est Lauren Singer qui m’a recommandé l’adresse (argumentant qu’il était son restaurant préféré au monde, après Silo à Brighton) où l’on sert du matin au soir. Nous sommes allés au dinner pour notre tout dernier petit-déjeuner de ce périple. La cuisine était délicieuse, les gâteaux à tomber et très originaux ! J’en ai profité pour questionner rapidement une employée sur la démarché éco-responsable da Marlow and Sons. L’affaire a démarré en 1999 à ce même endroit de Brooklyn, qui à l’époque n’était pas du tout un quarter de hipsters comme aujourd’hui. Le restaurant s’y est fait une place en proposant des aliments tracés et locavores. L’originalité du lieu repose surtout dans l’existence d’une boucherie Marlow & Sons qui fournit le restaurant en bêtes entières dont rien n’est gâché. La peau sera transformée en sacs, la viande est servie au restaurant et les restes sont donnés aux chiens. Fort de son succès, le couple à la tête de ce business trendy vend plusieurs objets (très coûteux) fabriqués par leur équipe et a sorti un épais livre où il raconte son histoire et donne ses recettes gourmandes.

81 Broadway Brooklyn, NY 11249

Park Slope Food Coop – supermarché coopératif

Il faut être membre ou journaliste pour pénétrer dans cette coopérative vieille de 43 ans, installée sur les hauteurs du quartier résidentiel Park Slope à Brooklyn. Mahattan est loin, les rues sont plutôt calmes et la coop grouille de monde, en particulier le samedi. Le nombre actuel d’adhérents est aux environs de 17.000. N’importe qui peut postuler pour devenir membre, il n’y a pas de client type mais une mixité sociale à la Coop : des familles bien installées, des étudiants près de leurs sous, des retraités et des personnes qui dépendent malheureusement des coupons alimentaires alloués par le gouvernement. Car la promesse de la Food Coop est de vous permettre de diminuer le coût de votre panier de courses hebdomadaire de 20% à 40%. Comment ? En donnant 2h45 de votre temps à la coopérative une fois par mois. Cette implication personnelle de chaque client et de la quarantaine d’employés permet de réduire les coûts de fonctionnement du supermarché. Pour les membres, c’est aussi l’occasion de découvrir les secteurs du commerce et de la vente : réception des produits, reconditionnement des fruits secs en vrac dans des sachets (dommage !), mise en rayon, caisse, gestion des déchets, etc. Les fameux petits prix découlent d’une règle précise: la coop fixe une marge de 20% sur tous ses produits mis en vente. Les écarts de prix seront donc plus ou moins importants selon les produits et les supermarchés. Ils misent au maximum sur le bio et le local, expliquant que les produits trop chers en bio sont également achetés en conventionnel ; et que l’hiver, il est compliqué de trouver des fruits et légumes qui poussent dans les 500 miles (env. 800 km) à la ronde. La Food Coop est administrée par un bureau de cinq personnes où sont débattues de nombreuses questions, notamment la provenance des produits, les sacs plastique (supprimés des caisses en 2008), etc. Cette communauté anti-capitaliste n’a ni PDG ni actionnaires, l’argent est investi dans la Coop, ses événements, sa Waitliners’ Gazette, et d’autres projets. Certains de ses membres s’en sont inspirés pour monter d’autres coop à NYC. L’Américain Tom Boothe a réalisé un documentaire sur place – sorti en novembre 2016 – avant d’ouvrir un pendant de la Food Coop à Paris, la Louve, dont la capacité d’accueil sera encore plus grande. Si le projet vous attire, cherchez sur internet une coopérative près de chez vous, elles sont de plus en plus nombreuses à ouvrir !

↳ 782 Union Street, Brooklyn, New York 11215

Harlem Grown – association de jardinage urbain

Tony is a good man. Dans un quartier où 80% de la population est pauvre, où le pourcentage d’enfants qui vivent avec leur mère célibataire et sans emploi est encore plus élevé, où les supermarchés n’existent quasiment pas, où le légume est identifié par la feuille de salade dans les burgers, Tony a eu l’idée d’éduquer les enfants à la nutrition. Pour s’y prendre, il a monté en 2011 l’association Harlem Grown et a demandé à la mairie de lui allouer des terrains vagues que lui, les volontaires et les enfants du quartier ont transformés en potagers urbains. Dans le cadre de leur enseignement scolaire, des centaines d’enfants viennent chaque semaine au jardin urbain pour planter des graines, arroser les légumes et aromates, nourrir les poules, filtrer le compost et ainsi poursuivre leur apprentissage d’une alimentation saine. Nombreux sont les jeunes et les mamans du quartier qui ont rejoint l’aventure en tant que volontaire ou employé. Harlem Grown donne aussi des cours de cuisine pour initier parents et enfants aux légumes.

Découvrez Harlem Grown et jardinez durant 3 heures en réservant l’expérience sur Airbnb.
↳ 134 Street Farm · Harlem, Harlem

Beacon’s Closet – Boutique de vêtements et accessoires d’occasion

J’avais demandé à Lauren où trouver des boutiques de seconde-main et elle m’a directement confié son adresse favorite, où elle achète tous ses vêtements : Beacon’s closet. On en a profité pour visiter les quartiers de Williamsburg et de Greenpoint que je vous conseille pour toutes leurs boutiques de vintage (allez chez Bklyn curated pour de très beaux vêtements américains anciens -mais chers-), leurs cafés sympas (le Labo), leurs boutiques-cafés qui vendent des produits artisanaux et/ou faits à NYC ou aux USA (Update Stock), leurs restaurants branchés où les locaux se bousculent pour bruncher (Egg). Au milieu de toutes ces belles découvertes bobos, faites donc un saut chez Beacon’s si vous avez des envies de vêtements. Toutes les couleurs, tous les styles et toutes les marques : les habitants du quartier ont de l’argent pour se looker et ils déposent régulièrement des vêtements à peine portés. Je n’ai jamais été aussi excitée par des fringues d’occasion!

74 Guernsey St Brooklyn, NY 11222.

━ High Line – balade verte en ville

↳ Prenez de la hauteur sans avoir à prendre l’ascenseur, à Manhattan, c’est rare… La High Line est une ancienne ligne de chemin de fer sur la côte ouest qui servait à transporter du bétail à travers l’ancien quartier des bouchers (devenu celui des artistes). Transformée en chemin piétonnier, elle est très empruntée et on y croise quantité de Français (on doit être une civilisation d’amoureux de la nature !). J’ai adoré cette promenade en hauteur, à pouvoir profiter de la beauté reposante des plantes vertes et de vues agréables et parfois étonnantes sur Manhattan.

↳ Démarrer la balade au niveau du restaurant Bubby’s, 73 Gansevoort St, New York, NY 10014.

╔ En photos」

Package Free Shop :

Park Slope Food Coop :

Harlem Grown

Beacon’s closet

Bklyn curated (vintage)

High Line

Bubby’s High Line

Vous connaissez d’autres endroits verdure friendly à NYC?
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Lucie Paimblanc

Blogueuse engagée et gourmande. Journaliste touche-à-tout. Auteure de ce blog bienveillant qui t'aide à devenir écolo et réduire tes déchets sans douleur.

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