ACTU. Dix objets en plastique à usage unique sont dans le viseur de l’Union européenne (UE) qui propose des mesures d’interdiction ou de forte limitation. Ses propositions pour une directive européenne vont être transmises au Parlement européen et au Conseil pour adoption. Une première victoire pour tous ceux qui, depuis plusieurs années, militent pour leur interdiction. Une interdiction totale ou partielle qui existe déjà dans certains pays membres de l’UE pour quelques uns de ces objets.

Article rédigé par Sébastien.

Photo Pixabay
Les filets de pêche font partie de objets polluants. Photo Pixabay

Une dizaine d'objets polluants visés par l'UE

Le 28 mai 2018, la Commission européenne a proposé de nouvelles règles applicables dans toute l’UE concernant les cotons-tiges, la vaisselle en plastique (couverts, assiettes, pailles, gobelets, etc.), les tiges de ballons de baudruche, les boites alimentaires, les bouteilles, les sacs, les paquets et emballages, les serviettes hygiéniques et les lingettes humides ainsi que les mégots de cigarette. Elle a également ajouté les équipements de pêche.

Selon la Commission européenne, ces produits constituent 70 % de tous les déchets marins qui se retrouvent sur nos plages et dans les mers européennes.

La pollution marine par les déchets plastiques

Des mesures différentes selon les produits

Les mesures appliquées différeront en fonction des produits visés. « Dans les cas où des solutions de remplacement sont facilement disponibles et peu coûteuses, les produits en plastique à usage unique seront exclus du marché », écrit la commission européenne dans un communiqué. Cette interdiction s’appliquera aux bâtonnets de coton-tige, aux couverts, aux assiettes, aux pailles, aux bâtonnets mélangeurs pour boissons et aux tiges pour ballons de baudruche.

Les industriels devront prendre en charge le nettoyage de leurs déchets. Photo Pixabay

Le pollueur payeur

Pour les récipients alimentaires et les gobelets en plastique, les États membres devront réduire leur utilisation en proposant des produits de substitution ou en les faisant payer dans les commerces.

Si les mesures entrent en application, les industriels qui fabriquent ces objets (mais aussi les sachets et emballages qui les contienent) devront prendre en charge une partie des frais de gestion et de nettoyage des déchets.

Les fabricants d’engins de pêche en plastique devront, eux, prendre en charge les coûts de collecte des déchets ainsi que les coûts de leur transport et traitement.

90 % des bouteilles plastiques collectées d'ici à 2025. jedeviensecolo.fr
90 % des bouteilles plastiques collectées d'ici à 2025. Photo Pixabay

Exigence de collecte des bouteilles plastique

Concernant les bouteilles de boissons en plastique à usage unique (eau minérale, jus de fruits, sodas, etc.), pas d’interdiction proposée mais les États membres devront atteindre un objectif de collecte de 90 % d’ici à 2025, en mettant en place, par exemple, des systèmes de consigne, écrit la Commission européenne.

« Les déchets plastiques finissent dans l’air que nous respirons, dans notre sol, dans nos océans et dans nos aliments. Les propositions présentées ce jour permettront, au moyen d’une série de mesures, de réduire l’offre de produits en plastique à usage unique dans les rayons de nos supermarchés ».

Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du développement durable.

Une plage poubelle. jedeviensecolo.fr
Une plage poubelle. Photo Pixabay

Des polluants aux effets inconnus sur la santé

Ces plastiques se retrouvent jusque dans nos poumons et sur nos tables, les microplastiques étant présents dans l’air, dans l’eau et dans les aliments, sans que nous n’en connaissions encore les conséquences pour notre santé. Sans parler de la mort de très nombreux animaux et oiseaux marins, étouffés par les sacs plastique, les pailles ou les cotons-tiges.

Des économies pour les Européens

Hormis les bénéfices plus que probables pour la santé, ces nouvelles mesures permettront, selon la Commission européenne, d’éviter l’émission de 3,4 millions de tonnes équivalent CO2; d’éviter des dommages environnementaux dont le coût d’ici à 2030 s’élèverait à 22 milliards €; aux consommateurs d’économiser, selon les prévisions, 6,5 milliards €.

Déjà en janvier 2018, la Commission européenne alertait : « Si on ne fait rien, en 2050, il y aura davantage de plastiques dans les océans que de poissons ».

Que pensez-vous de ces propositions de l'UE ?

Vont-elles suffisamment loin à votre goût ?